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Chaïm Potok (1929-2002)
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Rabbin et écrivain - L’auteur de L’Elu -

Chaïm Potok occupe une place de choix parmi les écrivains juifs américains du vingtième siècle.

Il est en effet - aux côtés d’Isaac Bashevis Singer, de Bernard Malamud, de Saül Bellow ou de Cynthia Ozik – un des représentants les plus talentueux de cette « école juive de New York » qui a produit certains des plus grands romans du siècle passé. Mais il est aussi un de ceux qui ont donné le contenu le plus juif et le plus universel à cette forme particulière de l’écriture romanesque, devenue presque un genre littéraire sui generis : le roman juif américain.

Herman Chaim Harold Potok, est l’aîné de quatre enfants d’une famille d’immigrés juifs polonais.

Il reçoit une éducation primaire dans les écoles juives où il étudie les sujets séculaires mais également le Talmud  , le centre du programme d’études. Le jeune homme se dédie à la lecture en dévorant James Joyce, Ernest Hemingway, William Faulkner, Thomas Mann, et Evelyn Waugh.

Il est ordonné Rabbin   Massorti   à l’âge de 25 ans par le Jewish Theological Seminary.
Parallèlement, il obtient un diplôme de littérature anglaise à la Yeshiva University. Son intérêt pour le judaïsme et pour l’écriture va déterminer sa carrière rabbinique et littéraire.

Marié à Adena Sara Mosevitzsky, une psychiatre qu’il a rencontré en 1952 au camp Ramah dans le Poconos. Ils ont eu trois enfants : Rena, Naama, et Akiva. Entre 1957 à 1959, il enseigne à l’université du judaïsme. De 1964 à 1975, il est le rédacteur de la prestigieuse revue Conservative   Judaism puis dirige, de 1965-1974, the Jewish Publication Society.

Potok a été également le rédacteur en chef du commentaire moderne sur la Tora « Etz Hayim » édité en 2000 par l’Assemblée rabbinique Massorti  .

Malade, Chaïm Potok, qui a vécu au travers de ses écrits, meurt d’un cancer en 2002.

Il est surtout connu pour son œuvre romanesque.

L’Elu marque vraiment ses débuts en tant qu’écrivain en 1967. Le thème central de ses romans reste les tensions entre le judaïsme et les valeurs et la culture de la société moderne. Ses travaux ont essentiellement été autobiographiques dans les années 80.

Son expérience d’aumônier dans l’armée des USA en Corée, entre 1955 et 1957, l’a inspiré pour l’écriture ’Le livre de lights’, publié en 1981 et ’Je suis l’Argile’ en 1992. Son dernier ouvrage, ’En tant que Leaf conduit’ sort en 1996.

Chaim Potok n’a pas écrit que de la fiction bien qu’elle constitue la plus grande partie de son œuvre : « The Book of Lights » (Le livre des Lumières : 1965), « The Chosen » (L’Elu : 1969), « The Promise » (La promesse : 1969), « In the Beginning » (Au Commencement : 1975), « Davita’s Harp » (La Harpe de Davita : 1985), « The Gift of Asher Lev » (Le Don d’Asher Lev : 1990), « I am the Clay » (Je suis l’argile : 1992), « The Gates of November » (Les Grilles de Novembre : 1996). « Old Men at Midnight » (Vieillards à Minuit, une série de trois nouvelles écrites en 2001.)

En dehors des œuvres de fiction figurent « Wanderings : The story of Chaim Potok’s Jews » (Errances : L’histoire des Juifs de Chaim Potok) qui fait remonter l’histoire juive jusqu’à la famille d’Abraham il y a quatre mille ans.

Potok a également écrit des histoires pour enfants. « L’arbre d’ici » par exemple est un texte plein de sensibilité. Ce texte sur une belle amitié entre un arbre et un enfant et la déchirure d’une séparation.

Chaim Potok a également aidé le violoniste Isaac Stern pour son livre : « My first seventy-nine years » (Mes soixante-dix neuf premières années.)

Analyse de son oeuvre

Le talent de Potok réside à la fois dans sa technique romanesque, dans son style (qui a été comparé à celui d’Hemingway) et dans le contenu de ses livres. A cet égard, il est un parfait exemple de romancier juif au plein sens du terme, qui décrit un monde dans lequel le judaïsme n’est pas seulement une origine familiale ou un destin imposé par l’histoire, mais une vocation librement consentie et vécue dans toute sa richesse humaine et spirituelle.

Cette caractéristique des romans de Potok est particulièrement frappante si l’on compare son oeuvre à celle des autres grands écrivains de l’école juive de New York. Bashevis Singer, son illustre aîné, a atteint une notoriété mondiale en dépeignant l’existence juive en Pologne avant la Shoah et en Amérique. Mais les personnages juifs de Singer sont le plus souvent des étudiants juifs de yeshivot qui ont quitté le monde juif traditionnel – comme Singer lui-même, fils de rabbin   – pour rejoindre celui de l’Occident, en Europe ou aux Etats-Unis. Chez Potok, les héros juifs sont enracinés dans la communauté hassidique new-yorkaise, et même ceux qui choisissent une voie différente, à l’instar d’Asher Lev, restent membres de cette communauté, au prix de déchirements et de conflits très difficiles.

A la recherche du « paradis mystérieux de la tradition »

Ce contenu juif des romans de Potok, c’est d’abord celui du hassidisme   et du mouvement Habad  , dont il a décrit le développement en Amérique de manière fidèle et inspirée. Les pages de ses romans (Je m’appelle Asher Lev notamment) où il décrit le Rabbi et ses fidèles dans la communauté Habad   new-yorkaise comptent parmi les plus belles de son oeuvre. Avec un talent inégalé, Potok a su rendre de manière romancée l’existence de cette communauté et l’incroyable volonté de reconstruire le judaïsme qui animait le Rabbi de Loubavitch   après la Shoah. Rien que pour cela, Potok mérite d’entrer au panthéon de la littérature juive contemporaine.

Mais au-delà même de cette description authentique et vivante, il réussit à faire partager au lecteur la tension qui anime ses personnages, partagés entre la fidélité à la tradition dans laquelle ils ont grandi et leurs aspirations intellectuelles, artistiques ou professionnelles. Ce thème omniprésent chez Potok, qui lui a été inspiré par sa propre adolescence (il avait pensé devenir peintre, ce qui était inconcevable dans le milieu juif orthodoxe   où il a grandi), confère à ses livres leur force et leur attrait particulier pour les lecteurs de notre génération.

A la différence d’un Bashevis Singer dont les personnages appartiennent à une génération qui voulait quitter l’univers de la Tradition, trop étroit à leurs yeux, pour découvrir le monde extérieur, Potok décrit des héros enracinés dans cette Tradition, qui ne veulent pas s’en éloigner, mais la concilier avec leurs aspirations personnelles (il n’est pas fortuit que Potok ait été longtemps membre du courant conservative  ). Un critique français a écrit que les livres de Potok parlaient à notre génération qui était celle du retour et de la recherche de Dieu.

Plus précisément, nous sommes ce que Gershon Loran (le héros du Livre des lumières, qui n’est autre que Potok lui-même) appelle des « Zwischenmenschen », des personnes-entre-les-deux, qui n’appartiennent ni totalement au monde de la Tradition, ni totalement à celui de l’Occident moderne. Et c’est pour cela que ses livres nous touchent et nous émeuvent si profondément, parce qu’ils nous parlent de notre propre expérience et de notre recherche d’un paradis juif dont nous avons été éloignés, ce « paradis mystérieux de la tradition » (Jacob Gordin).

« Je préférerais dire que l’univers est signicatif, avec des phases de mystères et de vides apparents plutôt que sans signification avec des phases de certitudes apparentes. »

Chaïm Potok

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Interview vidéo de Chaim Potok

http://wejew.com/media/2996/Chaim_P...

Extrait du film l’Elu

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