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Israël pas de pluralisme religieux en 2015
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Le mouvement Massorti   souhaite voir émerger en Israël un esprit religieux pluraliste favorisant un dialogue entre les diverses sensibilités du judaïsme contemporain. Hélas, on en est loin et Israël n’est pas vraiment le pays où les courants modernes du judaïsme sont favorisés, bien au contraire.

La situation, loin de s’améliorer, va en empirant et l’orthodoxie   fait tout pour renforcer ses divers monopoles. Mais, il ne faut pas désespérer et quelques raisons d’espérer voir enfin le judaïsme respecté dans son ensemble en Israël existent également.

Voici un article de l’Agence Télégraphique Juive qui fait le point sur la situation fin 2015 :

Il y a deux ans, les défenseurs israéliens du pluralisme religieux avaient parlé d’une « fenêtre d’opportunité » pour faire avancer leur cause. Pour la première fois en une décennie, la coalition gouvernementale ne comprenait pas de partis ultra-orthodoxes  . Le deuxième plus grand parti à la Knesset, Yesh Atid, faisait avancer une série de lois visant à changer le statu quo contrôlé par les orthodoxes  . Même les religieux sionistes du parti HaBayit HaYehudi semblaient ouverts au changement.

Maintenant, on peut dire avec certitude que la fenêtre est fermée. Si 2013 et 2014 ont connu des progrès limités sur les réformes religieuses en Israël, du service militaire aux conversions, 2015 a été l’année où l’establishement haredi   du pays s’est réaffirmé. Des dirigeants ultra-orthodoxes   sont rentrés au gouvernement, sont revenus sur les réformes et ont envoyé des signaux d’avertissement aux dirigeants qui remetteraient en question le statu quo.

2014 a fini sur une bonne note pour les militants de pluralisme religieux : À la fin du mois de novembre, le gouvernement a promulgué de nouveaux règlements qui ont permis à des dizaines de rabbins   locaux orthodoxes   d’effectuer des conversions au judaïsme – enlevant dans les faits au grand-rabbinat orthodoxe   d’Israël son monopole sur les conversions.

Quelques jours plus tard, le gouvernement est tombé, des élections ont été annoncées et les relations entre la religion et l’État sont tombées l’ordre du jour d’Israël. La campagne a tourné autour des questions de l’économie et de la sécurité, pas du mariage et de la conversion. Et tant la gauche que la droite ont dit clairement que les partis ultra-orthodoxes   feraient partie de leur coalition – signant un arrêt de mort pour les réformes de 2013 et 2014.

Les partis ultra-orthodoxes   ont perdu cinq sièges aux élections du 17 mars, mais peu importe : le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait besoin d’eux dans sa coalition, et a accepté leur demande de revenir au statu quo d’avant-2013.
Dans les mois qui ont suivi, la loi sur la conscription des hommes ultra-orthodoxes   a été mise hors d’état de nuire ; la réforme sur la conversion a été abrogée, et les réformes en cours sur la casheroute, les enterrements, l’éducation haredi   et le processus de nomination des rabbins   sont au point mort. Les subventions gouvernementales aux yeshivot haredi   ont augmenté.

Neuf mois après les élections, l’espoir d’un changement législatif est maigre. Parlant à JTA en décembre, le président du HaBayit HaYehudi, Naftali Bennett, a prédit que le recours probable de toute future coalition aux haredim   rendrait les réformes impossibles.

Le gouvernement a également changé de ton : Bennett, le précédent ministre des Affaires religieuses, s’opposait à des changements majeurs de politique, mais parlait d’unité du peuple juif et de créer un espace pour les Juifs non-orthodoxes  . L’actuel ministre des Affaires religieuses David Azoulay, du parti ultra-orthodoxe   Shas, a provoqué un tollé en juillet pour avoir dit que les Juifs libéraux ne sont pas juifs.
Azoulay n’est pas seul. En novembre, le député de Yahadout HaTorah Yisrael Eichler a accusé les Juifs libéraux d’attaquer le judaïsme et Israël. Le même mois, son collègue de Yahadout HaTorah Moshe Gafni a déclaré : « Les Juifs libéraux poignardent la sainte Torah dans le dos. »

Même les dirigeants orthodoxes   modernes ne sont pas à l’abri des accusations. Le grand rabbin   d’Efrat né aux Etats-Unis Shlomo Riskin, qui préconise une politique progressiste au sein de l’orthodoxie  , a été convoqué en mai devant le Grand Rabbinat pour une audience inhabituelle pour examiner le renouvellement de son mandat. Suite à la pression du public, le rabbinat a renouvelé son mandat.

Et en décembre, le grand-rabbin   d’Israël David Lau a fustigé Bennett pour avoir visité et vanté une école masorti à New York – bien que Lau lui-même avait visité une école similaire plus tôt dans l’année.

Bennett s’est attiré, quant à lui, sa propre part de critiques, au sujet d’un projet visant à renforcer les liens entre les Juifs de la diaspora et Israël. Le gouvernement israélien et l’Agence juive pour Israël avaient initié avec beaucoup de fanfare l’année dernière l’Initiative conjointe du gouvernement d’Israël et de la communauté juive mondiale. Mais cet été, l’Agence Juive s’est retirée du projet, accusant le ministère des Affaires de la Diaspora de Bennett de s’approprier le projet, afin de promouvoir ses propres objectifs. Son avenir reste incertain.

Même les Femmes du Mur, qui avaient enregistré des succès au cours des dernières années, ont subi un récent revers. Le groupe, qui organise des prières mensuelles dans la section des femmes du mur Occidental, a obtenu le droit de prier tranquillement il y a deux ans, et a commencé cette année à introduire un rouleau de la Torah dans leurs offices.

En novembre, Netanyahu lui-même s’était engagé publiquement à trouver un compromis pour permettre des prières non-orthodoxes   sur le site.
Mais en décembre, Netanyahu a affirmé qu’il n’y aurait pas de changement imminent au statu quo contrôlé par les haredim   au mur.

Il y a eu cette année quelques bonnes nouvelles pour les militants du pluralisme.
Le président israélien Reuven Rivlin, qui avait par le passé tourné en dérision le judaïsme libéral, a commencé à étreindre cette année ce courant, en organisant une soirée d’étude pluraliste et en tendant la main aux dirigeants libéraux.
Des rabbins   orthodoxes   modernes ont mis en place en août un tribunal de conversion indépendant du grand-rabbinat. Et dans la dernière semaine de l’année, l’armée israélienne a annoncé qu’elle allait permettre aux soldats d’être enterrés dans des cérémonies non-orthodoxes  .

Peut-être le plus important, la plupart des Israéliens continuent à vouloir des réformes significatives en matière de religion. Dans un sondage de septembre, comme dans les précédents sondages, la grande majorité des Juifs israéliens sont en faveur de changements aux lois liées au mariage et aux conversions. Le gouvernement d’Israël, cependant, n’est pas encore de cet avis.

Voici ce qu’on écrivait en 2012 :

Israël moins de discrimination religieuse

Bonne nouvelle pour les amis de la liberté religieuse en Israël : l’Etat semble vouloir financer les rabbins   des courants non orthodoxes  .

Si la nouvelle s’annonce effective, elle est très importante car elle représente une révolution dans le traitement des différents courants du judaïsme en Israël.

Jusqu’ici, l’Etat avait négocié avec l’orthodoxie   une forme de monopole financier et juridique qui rendait extrêmement difficile la possibilité d’un judaïsme pluraliste et l’existence de courants non orthodoxes  . En effet, le système israélien est un système de concorda, c’est-à-dire que la religion est financé officiellement par l’Etat. Il existe ainsi des rabbins   dans toutes les agglomérations qui sont fonctionnaires. Il existe des rabbins   dans les administrations (prison, aéroport, armée…). Ce sont ainsi des milliers de rabbins   qui sont entretenus par l’Etat (4000 environ). Il en est de même pour les bâtiments et les institutions. Les synagogues, les mikvaot (bains rituels), les écoles, l’administration religieuse… tout cela est financé par l’Etat et donc l’argent public.

Le scandale vient du fait du monopole du courant orthodoxe   qui puise une grande part de sa puissance de cet état de fait profondément antidémocratique. De leur côté, les courants non orthodoxes   doivent tout financer par eux-mêmes, c’est-à-dire que leurs membres doivent payer deux fois : une fois pour l’orthodoxie   à travers leurs impôts et une fois pour leur communauté d’adhésion. Il va de soi qu’il est très difficile de financer quoi que ce soit hors de l’orthodoxie   dans de telles conditions. On en arrive à un paradoxe : Israël est le seul pays au monde où la majorité du judaïsme (les 2/3 des juifs du monde ne sont pas orthodoxes   et préfèrent les autres courants d’après les sondages) se trouve soumise à une ségrégation sévère !

Si cela fait des années que les courants non orthodoxes   mènent diverses batailles juridiques pour faire connaître leurs droits. La bataille est longue, mais peu à peu les choses s’améliorent.

Un accord a été trouvé pour que dans des agglomérations agricoles (une action avait été menée par un kibboutz affilié au mouvement juif progressiste) il y ait une autre possibilité de financement que celle d’un rabbin   orthodoxe  . La cour suprême a également indiqué qu’il fallait appeler la personne, homme ou femme, « rabbin   de mouvement non orthodoxe   » (au départ l’administration voulait employer le pléonasme « dirigeants de la communauté » afin d’éviter d’employer le mot rabbin   et de ne pas vexer les orthodoxes  ).

Normalement ce financement passe par le ministère des affaires religieuses, mais le ministre (rabbin   orthodoxe  ) a menacé de démissionner plutôt que d’exécuter l’ordre de la haute cour ; on est donc passé par le ministère de la culture… (ce qui est plutôt flatteur pour les mouvements non orthodoxes   vu le niveau du ministère des affaires religieuses, mais ce qui relève d’une belle hypocrisie de la part de l’Etat).

Pour le moment l’accord reste limité à 15 postes de rabbins   non orthodoxes   dans tout le pays… aucune ville n’est concernée par cette décision ; une goutte d’eau donc, mais une goutte d’eau significative qui pourrait bien contribuer un jour à créer de véritables petites rivières…

Nous nous réjouissons donc de cette avancée importante en attendant de voir la suite ; non pas par opposition à l’orthodoxie   mais par adhésion à la liberté religieuse et à la richesse que représente le pluralisme juif.

Un jour viendra peut-être où la liberté religieuse sera véritablement respectée en Israël… et où le pluralisme juif sera tout aussi vivant qu’aux Etats-Unis. On peut rêver.

Mais prudence, le passé nous a appris combien les tractations politiques avec les orthodoxes   emmènent certains politiciens à piétiner les principes les plus élémentaires de l’esprit démocratique pour mieux asseoir le monopole d’un establishment religieux jaloux de ses prérogatives et prêt à tout pour combattre ce qui a ses yeux est démoniaque : le pluralisme et l’ouverture.

mai 2012

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