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Judaïsme Conservateur (Massorti)
jeudi 29 juin 2006  – mots clés
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Extraits de l’Encyclopédie du Judaïsme. -

Mouvement religieux apparu en Europe au cours de la période qui suivit l’Emancipation ; il se développa à l’instigation de « l’école historique positiviste » prônée par Zacharias Frankel directeur du Sémi¬naire théologique juif de Breslau (1854-1875).

Le judaïsme conservateur (ou Massorti  ) se constitua en grand mouvement en Amérique au début du siècle. On l’appelle parfois « judaïsme historique » car ses fondateurs et ses dirigeants souhaitaient mettre l’accent sur le fait que le judaïsme constituait une culture produite par des circonstances historiques.

La philosophie de ce mouvement comporte les aspects suivants : d’une part, le caractère dynamique de la Halakha  , soumise aux mêmes développements et aux mêmes changements que la vie elle-même ; elle doit donc être adaptée en fonction de la réalité actuelle. D’autre part, le judaïsme conservateur accorde la priorité absolue à la dimension éthique. Enfin, ses dirigeants considèrent que le rationalisme est un principe capital dans la pensée juive ; ils en font même un fondement essentiel.

Ce mouvement, devenu la plus importante des formations religieuses du judaïsme américain, existe dans le monde entier et en France sous le nom de mouvement « Massorti   » (traditionaliste).

JUDAÏSME CONSERVATEUR (Massorti  )

Mouvement religieux apparu en Europe au cours de la période qui suivit l’Emancipation ; il se développa à l’instigation de « l’école historique positiviste » prônée par Zacharias Frankel directeur du Séminaire théologique juif de Breslau (1854-1875).

Frankel, éminent savant rabbinique, ne parvenait à s’identifier ni avec le judaïsme orthodoxe   qu’il jugeait désuet, ni avec le judaïsme réformé.

Dans sa perspective, l’orthodoxie   rejetait l’érudition critique et l’investigation scientifique du judaïsme, tout en approchant la Halakha   de manière rigide ; la réforme, pour sa part, prônait une approche trop radicale de la religion, sans opérer de distinction d’importance entre les mitsvot (commandements), abandonnant généralement tout usage de l’hébreu et rejetant tous les aspects nationalistes et ethniques du judaïsme.

Frankel plaida pour un moyen terme, une attitude moderne selon laquelle le peuple juif et ses traditions demeureraient les éléments centraux du judaïsme.

Selon lui, on devait préserver l’observance de la Halakha  , mais l’adapter aux nécessités de l’époque, et accepter, pour ce faire, une méthodologie critique.

Son point de vue était historiciste - il considérait le judaïsme comme résultant de processus historiques - et positiviste - il cherchait à maintenir la tradition et à prolonger son développement.

Cette approche du judaïsme, perçu comme un mode de vie dynamique, demeura au centre du mouvement à travers les transformations qu’il connut ultérieurement.

Par ailleurs, Frankel était fortement attaché aux aspirations nationales juives, encourageant le retour à Sion et le rétablissement politique de la nation juive, bien avant toute forme d’émergence du sionisme politique.

Cette philosophie fut promue par le Séminaire théologique juif d’Amérique, fondé en 1886 par un groupe d’érudits et de rabbins   d’esprit traditionaliste.

Conduits par Sabato Morais de Philadelphie, ils s’opposaient à la plate-forme de Pittsburgh formulée par le mouvement réformé en 1885, mais ne s’identifiaient pas non plus à l’orthodoxie   issue d’Europe orientale.

Bien que minoritaires au départ, ils représentaient des communautés traditionnelles profondément enracinées dans la société américaine.

Après l’échec de la première tentative d’établissement du Séminaire théologique et de réunion de tous les courants traditionalistes, le Séminaire se constitua sous la présidence de Solomon Schechter  , rabbin   savant de renommée internationale, en 1902. Il réussit à limiter l’extension de la réforme en proposant une alternative à l’orthodoxie  .

Schechter   fonda son œuvre dans la voie tracée par Frankel, tout en critiquant l’absence de noyau théologique de celle-ci. Il s’attela à la création d’institutions qui répondraient aux besoins d’une communauté juive américaine en expansion rapide. En 1913, il fonda la Synagogue unie, organisation laïque du mouvement. Schechter   espérait que par la suite le « judaïsme historique » embrasserait les segments les plus importants du judaïsme pratiquant comprenant les groupes orthodoxes   modérés.

Il se préoccupait de « Klal Israël », c’est-à-dire de l’ensemble du peuple juif, de sa conscience collective, et du maintien de l’unité au sein du peuple. Bien qu’impraticable et inaccessible, cette vision favorisa une large diversité du mouvement conservateur, le rendant moins rigide, idéologiquement et doctrinalement, que les autres groupes existants.

En faisant venir aux Etats-Unis des savants aussi éminents que Louis Ginzberg (arrière petit fils du Gaon   de Vilna et plus grand spécialiste du Talmud   au début du 20ème siècle), Schechter   renforça le Séminaire, lui permettant de devenir l’un des centres pilotes de l’érudition juive dans le monde occidental et la source maîtresse du judaïsme conservateur.

Pour Salomon Schechter  , le judaïsme devait relever les défis posés par la découverte des lois naturelles et l’extension de la connaissance scientifique des textes juifs, phénomènes qui sapaient la croyance simple.

La base intellectuelle du mouvement conservateur (Massorti  ) et de ses rabbins   consistait dans la compréhension érudite et historique du judaïsme, perçu comme une structure organique capable d’absorber la connaissance moderne sans modifier fondamentalement sa propre nature.

Là où l’on envisageait des innovations halakhiques, le mouvement conservateur prenait en ligne de compte non seulement les voies selon lesquelles la Halakha   fonctionnait de façon manifeste, mais cherchait également à saisir ce qui s’était effectivement produit dans le développement halakhique - rendant explicite ce qui avait été implicite. Cette approche du judaïsme pourrait être qualifiée d’holistique, c’est-à-dire cherchant à préserver et à maintenir le rituel et l’éthique, la loi et le savoir, la croyance et la pratique, l’universalisme et le nationalisme.

Cette approche s’avéra convenir particulièrement à nombre d’immigrants juifs venus d’Europe orientale qui, une fois aux Etats-Unis, avaient abandonné l’orthodoxie  , mais considéraient comme étranger et dépourvu de toute chaleur juive le judaïsme réformé. Ils se sentaient donc en affinité avec le judaïsme conservateur, dont ils firent le mouvement juif religieux le plus important des États-Unis. Ce qui leur importait n’était pas tant les fondements intellectuels du mouvement que son authenticité sensible, ses améliorations esthétiques et son approche modérée de la pratique religieuse, qui leur permettait de se sentir à l’aise en appartenant à une synagogue conservatrice, quel que fût leur degré personnel d’observance.

L’apogée du développement fut atteint après la Seconde Guerre mondiale, alors que Louis Finkelstein dirigeait le Séminaire (1940-1972). Le mouvement incorpora des synagogues dans les nouvelles communautés suburbaines où s’amassaient les Juifs, ouvrant aussi une filiale du Séminaire sur la côte Ouest : l’université du judaïsme de Los Angeles (1947).

http://www.jtsa.edu/

L’Assemblée rabbinique, regroupant les rabbins   conservateurs, envoyait à présent des représentants exercer sur tous les continents, reflétant ainsi le caractère progressivement international du mouvement.

Une expansion similaire fut enregistrée par son corps synagogal, la Synagogue unie d’Amérique. Ses innovations en matière d’activités concrètes se traduisirent par la création d’un mouvement de jeunesse, Ramah, organisant ses propres camps de vacances et sa propre Synagogue unie, des programmes réguliers de radio (la « Lumière étemelle ») et de télévision (« Frontières de la foi »), les écoles de jour de Solomon Schechter   et le Musée Juif de New York.

Au sein du mouvement, on pouvait cependant discerner des courants idéologiques variés, allant de positions traditionnelles proches de l’orthodoxie   jusqu’à des vues radicales, proches de celles des réformés.

Le comité sur la loi et les régies juives de l’Assemblée rabbinique s’attaqua aux problèmes d’interprétation de la Halakhah, mais ses décisions soulevèrent une controverse dans le mouvement et une latitude considérable fut laissée aux congrégations.

A Finkelstein succéda le chancelier Gerson D. Cohen   (1972-1985), sous l’égide duquel les éléments plus libéraux furent affermis et des changements d’une très grande portée introduits.

La question du rôle des femmes dans le culte et le rituel public fut la plus discutée. Dès 1955. les femmes purent être appelées à la lecture de la Torah et, à partir de 1973, comptèrent dans le quorum de prière (« minyan   »). A partir de 1983, les femmes furent admises aux études rabbiniques et en 1985 fût ordonnée la première femme rabbin  . Ce problème menaça de scinder le mouvement et mena à l’organisation d’un groupe minoritaire de droite comprenant des rabbins   et des laïcs. Quoique séparatistes, ils décidèrent de ne pas rompre et demeurèrent actifs à l’intérieur du mouvement en tant qu’Union pour le judaïsme traditionnel conservateur.

L’Assemblée rabbinique tripla ses effectifs en trente ans, jusqu’en 1985, où elle regroupait mille deux cents membres, dont beaucoup venaient de l’orthodoxie   et de la réforme. Une tentative de décentralisation des synagogues entraîna la prolifération de sous-groupes (par exemple, la havourah), qui essayaient de proposer des alternatives sérieuses. Une série de publications liturgiques ambitieuses vit le jour ; elles comprenaient des livres de prières quotidiennes pour le chabbat et les fêtes, ainsi qu’une Haggadah.

En 1985, huit cent trente congrégations étaient affiliées à la Synagogue unie d’Amérique avec un effectif global estimé à 1 250 000 personnes. Sur le plan international, ce développement se traduisit par la croissance du Conseil mondial des synagogues.

Au milieu des années 1980, cependant, un tassement devint manifeste : la croissance du mouvement était gagnée de vitesse par l’orthodoxie   d’un côté et la réforme de l’autre. Il s’ensuivit un déclin du pourcentage des Juifs conservateurs dans la communauté organisée de la synagogue. On a invoqué de nombreux facteurs susceptibles d’expliquer ce changement : l’orthodoxie   n’était plus perçue comme une manifestation de l’immigration de l’Ancien Monde - elle s’était adaptée à la scène américaine -, d’autre part, le mouvement général en faveur du fondamentalisme venait renforcer l’ultra-orthodoxie  .

Des changements majeurs dans l’idéologie de la réforme - son attitude à l’égard du sionisme et de la nation, sa réévaluation des pratiques ethniques, la restauration de certains rituels et l’utilisation de l’hébreu ont brouillé les frontières qui séparaient ce mouvement du conservatisme. Déjà dans les années 1930. le mouvement reconstructionniste s’était séparé du conservatisme sur deux questions de principe : son approche naturaliste de Dieu et son attitude libérale envers la Halakhah.

Ces problèmes restent encore aujourd’hui des sujets de conflit à l’intérieur du judaïsme conservateur.

Depuis un siècle, le conservatisme s’efforce de réconcilier tradition et changement. Si le mouvement a tenté d’évoluer avec son temps, grâce à une constante tension créative, il a également maintenu une continuité dans l’idéologie, le rituel et la pratique.

Le conservatisme est le seul courant dans le judaïsme à avoir adopté et maintenu une position sioniste depuis le début. Pourtant, il a été lent à se faire une place en Israël et sa croissance n’y a pas été comparable au développement que le mouvement a connu aux Etats-Unis, au Canada ou en Amérique du Sud.

L’établissement par Marshall Meyer d’une école rabbinique en Argentine, le Seminario rabinico latino-americano (1962), a donné un nouvel élan à la branche sud-américaine du mouvement. Bien que quelques synagogues conservatrices et le Centre américain des étudiants (Nevé Schechter  ) aient existé en Israël auparavant, ce n’est que dans les années 1970 que l’on fit des efforts pour créer un véritable mouvement en Israël, et c’est seulement dans les années 1980 que des activités sérieuses furent entreprises dans cette direction. Le mouvement Massorti   (« traditionnel ») - c’est ainsi que le conservatisme s’intitule en Israël - a maintenant établi les structures nécessaires à sa croissance, comprenant le Séminaire d’études juives, une école rabbinique destinée aux Israéliens qui s’est ouverte en 1984, un mouvement de jeunesse (Noam), des camps d’été et des écoles, un kibboutz (Hanaton), un mochav (Chorachim) et quelques cinquante communautés. Le mouvement est aussi responsable de la création d’un nouveau courant traditionaliste (mais non orthodoxe  ) dans l’éducation en Israël (Tali), qui reflète son idéologie de base. Toutefois, en dépit de ces réalisations, le mouvement reste réduit en Israël.

On peut résumer l’idéologie conservatrice de la façon suivante :

1. le judaïsme est une combinaison de religion et d’appartenance nationale ethnique qui s’est développée depuis les temps bibliques jusqu’à nos jours

2. il est organisé comme un système de mitsvot, embrassant toute la conduite humaine et gouvernant les relations entre les personnes, et entre l’individu et Dieu, sur le plan éthique ou rituel ;

3. le processus par lequel les idéaux du judaïsme sont interprétés et adaptés à la vie est connu sous le nom de Halakhah ;

4. la Halakhah est assez souple pour répondre aux besoins des hommes contemporains, quand elle est interprétée de façon créative par des autorités rabbiniques bien informées et engagées ;

5. il y a place dans la Halakhah pour des changements et des opinions multiples ;

6. l’étude scientifique et historique du judaïsme est un processus positif qui aide l’individu à se comprendre lui-même et à rendre le judaïsme aussi créatif aujourd’hui qu’il le fut dans le passé.

Son engagement vis-à-vis du processus halakhique et de l’importance du rituel distingue le judaïsme conservateur de la réforme. Son engagement à l’égard de la nature flexible, évolutive de la Halakhah, du pluralisme et de l’enquête ouverte le distingue, d’autre part, de l’orthodoxie  . La première affirmation officielle des principes conservateurs fut publiée par le mouvement Massorti   en Israël (1986), et diverses brochures furent mises en circulation .pour expliquer les points principaux. Deux ans plus tard, en 1988, l’Assemblée rabbinique publia un exposé beaucoup plus complet sur l’idéologie, qui exprimait les préoccupations américaines et présentait des différences significatives avec le document israélien, notamment sur les questions concernant le rôle d’Israël dans le judaïsme mondial.

Extraits de l’Encyclopédie du Judaïsme.

A voir sur You Tube

http://fr.youtube.com/watch?v=2tq-0…

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2 Messages de forum

  • Judaïsme Conservateur (Massorti) 4 mai 2007 16:19, par Anonyme

    Tu devrais parler des habillements, des pratiques religieuse au quotidien et des croyances…

    Répondre à ce message

  • Judaïsme Conservateur (Massorti) 18 octobre 2009 20:48, par Claude Salvaille

    Bonjour.

    Pour mettre les choses au clair immédiatement, je vous dit que je ne suis pas Juif mais que depuis une grande partie de ma vie, le judaïsme m’intéresse et que je considère cette pensée une des plus humaniste que je connais.

    Vous avez publié un article sur les attentats envers les Gais et Lesbiennes. Je n’ai pas trouvé comment répondre à cet article. Mais j’ai trouvé.

    Je sais qu’une religion, fondée sur les traditions comme c,est le cas pour toutes les religions, il est très difficile de modifier ces traditions. Mais j’ai trouvé ceci sur votre site :

    La philosophie de ce mouvement comporte les aspects suivants : d’une part, le caractère dynamique de la Halakha   , soumise aux mêmes développements et aux mêmes changements que la vie elle-même ; elle doit donc être adaptée en fonction de la réalité actuelle.

    Pour moi, ce texte est très rafraichissant et original puisqu’il permet l’évolution des mentalités.

    Je comprends que lorsque la Thora a été écrite, cette horreur de l’homosexualité était normale et comprise comme étant scandaleux. Quoique considérée normale par d’autres sociétés. Mais aujourd’hui, on sait que ce n’est ni une abherration, ni une maladie, ni un vice mais où une grande partie de ce qui nous paraît épouvantable et dégrandant, fait aussi partie de la vie. Personne ne demande à devenir homosexuel. Non, je ne suis pas homosexuel. Et je ne vois pas pourquoi leur faire la guerre et les traiter comme des parias. Je n’ai pas honte de le dire : lorsque j’avais une vingtaine d’années, je les considérais comme la lie de la société. J’en ai 76 et je ne peux plus penser comme ça et je suis certain que la pensée humaniste et permissive du judaïme y soit pour quelque chose dans ce changement d’idée.

    Ce n’est une action contre la société que font les Homosexuels mais plutôt contre une façon de penser dépassée. On n’a pas le droit de stygmatiser l’Autre parce qu’il ne répond à une idée qui N’ESt ET NE SERA toujours qu’une idée. Et personnellement, je pense que ce n’est pas dans l’esprit du Judaïsme que de rejeter les siens.

    Claude Salvaille Québec

    Finalement,

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