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Matan : Institut de Tora pour les femmes

Matan est une maison d’étude pour femmes juives, fondée il y a vingt ans. Cet institut se trouve dans le quartier Katamon à Jérusalem.

Matan est une maison d’étude pour femmes juives, fondée il y a vingt ans. Cet institut se trouve dans le quartier Katamon à Jérusalem.

C’est un bel établissement moderne et clair au milieu des petites maisons avec jardinets. Au printemps les amandiers en fleurs et les oliviers parfument les alentours. Cet institut, bien caché dans ce quartier populaire, a une influence importante : 1000 femmes et jeunes filles y étudient.

Le mouvement Beit Yaakov avait déjà ouvert l’enseignement aux filles et jeunes femmes juives orthodoxes Orthodoxie
orthodoxe
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
dès 1920. On y enseigne la Tora, mais non le talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l’époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l’ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
réservé aux hommes, et les études supérieures permettent aux femmes de travailler à l’extérieur avec un bon salaire afin que le mari puisse s’adonner entièrement aux études dans la yeshiva (école talmudique). Ici à Matan, ce sont les femmes elles-mêmes qui étudient et qui enseignent. C’est un « talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l’époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l’ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
-Tora » pour les femmes. Le corps enseignant se compose de 6 rabbins rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
et de 12 femmes.

Le programme de 30 cours par semaine offre un éventail diversifié d’études approfondies de la Bible et des commentaires talmudiques.

La fondatrice Malke Bina, mère de 5 enfants et grand-mère de 15 petits enfants, interviewée par Ruthie Blum Leibovitz pour Jerusalem-Post (15 oct 2008), nous dévoile comment Matan est né. Malke a grandi à Baltimore au Maryland. Adolescente elle lit Yentl du romancier Isaac Bashevis Singer. C’est l’histoire d’une fillette juive d’Europe de l’est, au début des années 1900, qui se déguise en garçon afin de suivre sa passion pour l’étude de la Tora. Cette lecture a un grand impact sur Malke qui est prête à faire quelque chose de semblable dans sa maison et sa communauté bien que l’étude de la Tora ne lui fût pas interdite. Au contraire, elle se rappelle avec émotion que son père, un rabbin rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
, avait l’habitude « d’étudier avec elle ».

Mais, malgré tout, il y avait des limites à cette sorte d’étude pour les femmes. Ces limites n’ont aucun sens pour Malke qui affirme : « Dieu nous a donné la Tora et il désire que nous l’étudions tous. Et c’est ce qui se fait dans cette maison » dit-elle, en escortant la journaliste dans l’auditorium rempli de femmes qui écoutent une conférence donnée par une femme depuis le podium. « Petite fille, je ne pouvais qu’en rêver » s’exclame Malke. Mais elle n’a pas fait que rêver, elle a agi et cela a donné un résultat : une organisation internationale basée en Israël avec une maison d’étude bilingue, un site Internet, une lettre de nouvelles, des programmes d’étude pour des populations désavantagées.

1) Un programme spécial prépare à la Bat Mitzva (majorité religieuse pour les filles à 12 ans). Mère et fille étudient ensemble « La femme juive au cours des générations ». Ce programme est très apprécié en Israël et à l’étranger (Etats-Unis, Canada, Australie, Afrique du Sud). Il y a deux sections, une pour le milieu orthodoxe Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
et une pour le milieu laïc de plus en plus intéressé. Les rencontres s’accompagnent d’activités artistiques : art, danse, musique, théâtre, peinture...

2) Un séminaire a été mis en place pour des infirmières d’origine éthiopienne, travaillant dans les hôpitaux et en milieu gériatrique : cours d’éthique médicale, de relation avec les personnes âgées, de soins palliatifs, etc.

3) Chaque semaine une étude de la paracha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
(section hebdomadaire de la Tora lue à la synagogue) est proposée à des femmes du quartier.

Malke Bina poursuit : « Matan est né de mon propre désir de fouiller dans les textes et commentaires talmudiques. Nous avons pu créer une nouvelle réalité, une tendance générale. Ce mouvement a commencé en 1988 avec la création de Matan et depuis, des dizaines d’institutions ont surgi dans le pays. Au début on comptait 50 % d’anglophones et 50 % d’hébréophones, actuellement la majorité est hébréophone. »

« Vous considérez-vous orthodoxe Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
« féministe » ? ».

« J’ai toujours été très hésitante sur l’expression « féministe ». Il y a une connotation négative dans le sens que pour s’affirmer, la femme devrait faire exactement comme les hommes et perdrait sa spécificité féminine. Mais si être « féministe » c’est la possibilité qu’a la femme d’utiliser tous ses talents, de se concentrer et d’accomplir de grandes choses dans le monde, alors oui, je suis féministe. C’est un phénomène positif auquel j’essaye de participer. Je voyais que le niveau d’étude de la Tora chez les femmes juives n’était pas ce qu’il pourrait être ; non seulement elles devraient aller à une maison d’étude, mais encore il faudrait qu’elles en créent une, et c’est ce que j’ai fait. »

« Ce niveau d’étude insuffisant dont vous parlez, l’avez-vous constaté après votre venue en Israël ou déjà aux Etats-Unis ? »

« Cela s’applique à la vie juive en général et pas seulement en Israël. A 17 ans et demi, quand je suis venue en Israël, j’étais dans un milieu que vous pourriez appeler ultra-orthodoxe Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
. Je fréquentais l’école Beit Yaacov. Nous avions un enseignement très poussé de la Tora, de l’hébreu en plus de Shakespeare et des mathématiques. C’est en commençant le séminaire post-scolaire, après mon alya (émigration) en Israël, que je me suis posée sérieusement la question « Si une femme est capable de réaliser x, en terme de Tora, pourquoi ne peut-elle pas réaliser y ? Mais tout le monde me disait « C’est suffisant pour les femmes ! ». Je n’ai jamais compris pourquoi. »

« Durant mes études secondaires, quand mon père « étudiait avec moi » et pendant mes études au séminaire, j’approfondissais la Tora et je constatais que si Rambam Maimonide
Rambam
Maïmonide
Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L’une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu’il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu’il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l’anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
(Maïmonide Maimonide
Rambam
Maïmonide
Moshe ben Maimon, Rabbin, médecin, philosophe et halakhiste. 1138 Cordoue - 1204 Fostat. L’une des plus grandes figures de la pensée juive incarnant un rationalisme aristotélicien. Son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu’il expose dans son "Guide des perplexes" et une systématisation de la Halakha qu’il expose dans son code "Mishné Tora". Très contesté de son vivant, son œuvre fut même vouée à l’anathème par certains rabbins. Précurseur de la modernité juive. Une référence incontournable.
) écrivait que pour atteindre sa perfection (plénitude spirituelle) une personne doit étudier et comprendre la Tora d’une manière complète, cela était vrai aussi pour les femmes. Si dans les anciennes générations les femmes n’avaient pas l’autorisation d’apprendre, et si la connaissance était un choix facultatif, actuellement les femmes allant travailler à l’extérieur ont besoin d’apprendre, c’est un impératif. La question était « Que peuvent elles apprendre ? ». Quand, au jardin d’enfants, j’ai reçu mon premier « houmach » (les 5 livres de Moïse), ma grand-mère a éclaté en pleurs. « Grand-mère, pourquoi pleures-tu ? » lui ai-je demandé ? ‘N’es-tu pas contente ?’ Elle m’a répondu : « Je suis heureuse pour toi mais je pleure car je n’ai pas eu cette chance. Petite fille, je suppliais mon père de me laisser apprendre avec le tuteur de mes frères, mais il n’a jamais voulu. Il disait : ‘Tu es une fille et les filles n’apprennent pas !’. C’est ainsi que les femmes de la génération de ma grand-mère n’ont jamais étudié et du coup ont perdu le contact avec les traditions juives. »

« Qu’avez-vous fait pour ouvrir l’étude de la Tora aux femmes, malgré l’opposition de la part des hommes ? »

« Ma réponse est : j’aime l’enseignement. La Tora est le monde de Dieu et des prophètes sur lequel sont basées nos traditions et la vie et nous devons tout simplement la connaître. »

« N’y a-t-il pas un glissement qui peut se faire ? Puisque vous êtes autorisées à apprendre la Tora, alors pourquoi ne pourriez-vous pas lire la Tora à la synagogue comme le font les femmes dans un autre milieu ? Où est la limite ? »

« Pour nous orthodoxes Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
, il y a les prescriptions (Halakha Halakha Loi juive religieuse basée sur le Talmud et les décisionnaires rabbiniques. Littéralement cela veut dire "marcher", la marche à suivre ou la loi en mouvement... Il existe de nombreux débats jurisprudentiels dans la Halakha qui n’est pas un système uniforme. ) qui dictent la conduite à suivre. Déjà des rabbins rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
ont permis cette maison d’étude pour femmes et encouragé la création d’autres centres semblables. »

« Avez-vous senti de la résistance, de la désapprobation de votre communauté ? »

« Non, pas de ma communauté. Certains de mes amis ne sont pas pleinement d’accord avec ce que je fais, mais je ne suis pas du type à m’opposer. On peut penser ce que l’on veut sans être agressif. Evidemment, je ne recrute pas des étudiantes dans les quartiers ultra-orthodoxes Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
de Géoula ou de Mea Shéarim. Matan n’est pas pour ce genre de population. Ces milieux ont d’ailleurs leurs propres institutions touchant les femmes et le niveau y est beaucoup plus élevé qu’il y a 20 ou 30 ans. A Matan, nous avons la population orthodoxe Orthodoxie
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« Conforme à la doctrine » Ce terme est ambiguë car le judaïsme ne connaît pas véritablement de doctrine. L’orthodoxie juive apparaît au 19ème siècle en opposition au climat de changement. L’orthodoxie actuelle est très divisée, entre des modernes cherchant à lier savoir universitaire et pratique conservatrice et des tendances intégristes (haredim) refusant plus ou moins radicalement la modernité. Il faut donc se méfier dans l’emploi de ce terme et ne pas coller trop vite des étiquettes.
la plus ouverte et de plus en plus de femmes laïques. »

« Pensez-vous que les femmes ont plus d’aptitudes pour ce genre d’étude car elles réfléchissent d’une façon plus personnelle, plus existentielle ? »

« Oui, car elles analysent de manière psychologique. En même temps elles ont une possibilité d’aborder ces textes de façon analytique, logique. Les hommes ont cette approche analytique mais actuellement ils introduisent cette analyse psychologique. En d’autres termes, il y a un apport réciproque ».

« 20 ans après. Qu’est-ce qui est semblable ou différent de votre vision première ? »

« Je n’ai jamais vraiment eu de vision. J’aimais la Tora, je désirais inspirer d’autres femmes. J’étais déçue que dans les séminaires pour femmes, sur les 30 enseignants, 29 étaient des hommes. Je ne trouvais pas logique que les femmes ne puissent pas enseigner, elles ont les mêmes gênes que les hommes. Comment les hommes sont-ils arrivés au niveau d’étude où ils en sont ? Ils s’asseyaient ensemble et étudiaient. Ils développaient ainsi leur aptitude à analyser et comparer. Je savais que si des femmes faisaient la même chose, elles atteindraient elles aussi de hauts niveaux de réflexion ».

Et de fait, dans la bibliothèque de Matan on peut voir de petits groupes de femmes ou de jeunes filles qui discutent, des livres ouverts devant elles, une vraie yeshiva (école talmudique), et la bibliothèque qui d’ordinaire est un lieu de silence, est ici une vraie ruche où l’on discute, argumente, compare (médite, préciserait le rabbin rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
D. Epstein). A la question de la journaliste sur la possibilité que des femmes soient juges (comme Debora) à la Cour rabbinique, Malke Bina répond « Les femmes sont de plus en plus capables de tenir ce rôle, mais il n’y a pas encore de consensus. D’ailleurs même du temps des Juges, Débora, fut une exception à la règle. Malgré ces restrictions, le rôle de la femme est de plus en plus crucial aujourd’hui. Bien que mon père était rabbin rabbin
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, ce que je vois de plus important en lui, ce fût son rôle de « Rebbe ». Le « Rebbe » est un guide spirituel, un conseiller et si la femme ne peut avoir ce titre, en fait elle peut l’être réellement ».

Pour le rabbin rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Daniel Epstein qui donne des cours magistraux dans l’auditorium, « Matan est un lieu de parole où les conditions sont données pour une parole non soumise à d’autres institutions, en particulier l’université. C’est un lieu créé pour les femmes, avec un langage intelligible pour notre époque. Une parole qui donne un sens pertinent pour notre génération. Pour ma part (c’est ce que je fais), c’est un lieu de confluences, de convergences. Ce qui dans notre cerveau est souvent séparé par notre sensibilité : juif- non juif, milieu sociologique… est rassemblé. Recevoir en direct la pensée de l’un ou de l’autre. » C’est ainsi que pendant les cours du rabbin rabbin
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Daniel Epstein, un commentaire de Rachi rashi
Rachi
Rabbin médiéval, Chlomo ben Yitshak, vécu en France du nord (1040-1105). Premier commentateur systématique du Tanakh et du Talmud
sur la Bible est mis en parallèle avec Rabbi Nahman de Breslav Braslav
Braslaw
Breslav
Secte hassidique fondée par Rabbi Nahman au début du 19ème siècle en Ukraine. Il fut l’unique Rabbi et n’eut pas de successeur, mais laissa une œuvre passionnante. On surnomma les adeptes "toten hassidim", les hassidim morts du fait qu’ils n’avaient pas de Rabbi. Braslav est réputé pour sa joie et ses chants. En fait mouvement ultra piétiste.
, Winikott, Levinas ou Semprun.

« On fait le lien en soi. La gloire de Dieu est dans tous les lieux… »

« Ce n’est pas un hasard si j’enseigne à Matan, à des femmes. Les femmes ont une plus grande sensibilité, émotivité, une vibration intérieure qui est souvent atténuée chez les hommes. C’est une maison d’étude dans le sens de débat, de discussion, même si mon enseignement est magistral, il n’est pas dogmatique mais personnel.

Dans la yeshiva il y a deux aspects : la recherche et la méditation à haute voix. Pour ce deuxième aspect, il y faut la confiance. Il y a un élément religieux dans le sens d’une émotion, d’une intervention divine dans la parole, d’une « divine surprise ». Pour l’aspect de recherche, cela se poursuit sur des années, une parole et une écoute qui se forment, qui évoluent, on ne prouve rien… et surtout pas Dieu. Il se ‘laisse entendre’. »

Il n’est pas étonnant que d’année en année, on s’inscrive à ce cours pour écouter ce qui se ‘laisse entendre’, pour entrer dans cette méditation à haute voix.

A ma question, « il n’y a pas beaucoup de jeunes étudiantes à vos cours ? ». Le Rabbin rabbin
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Daniel Epstein répond « Le poids des ans est important pour entendre. Ce n’est pas le brillant des idées qui compte, mais plutôt leur retentissement. La majorité de l’assistance est composée de femmes, enseignantes, psychologues, soignantes, artistes, qui travaillent et qui prennent une matinée, parfois deux sur leur temps de travail. Ce qui est fondamental, c’est de ne pas perdre la dimension d’humanité ».

Matan reste un lieu de tradition dans le sens de fidélité et renouvellement.

Suzanne Millet pour http://un-echo-israel.net

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Matan : Institut de Tora pour les femmes

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