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Moshe Greenberg (1928- 2010)
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Prix d’Israël en Tanakh -

Rabbin   Massorti  , immense bibliste dont l’œuvre a été couronnée en 1994 par le prestigieux Prix-Israël  , la plus haute distinction israélienne pour les sciences et les lettres. Maître d’une génération de chercheurs biblistes israéliens.

Moshe Greenberg est né à Philadelphie le 10 Juillet 1928.

Élevé dans une famille juive américaine sioniste, parlant l’Hébreu, il étudia la Bible et la Littérature Hébraïque depuis son plus jeune age.

A l’Université de Pennsylvanie où il reçut un Ph.D. en 1954, il étudia la Bible et l’Assyriologie avec E.A. Speiser ; simultanément, il étudia le Judaïsme Post-biblique au Jewish Theological Seminary of America. Fortement influencée par l’approche Biblique/Assyriologique, de Speiser et par les travaux de l’érudit Israélien Yehezkel Kaufmann en pensée Biblique et religion, la pensée de Greenberg se caractérise par l’intégration critique du Proche Orient antique et d’éléments Juifs dans ses explications de la Bible.

Greenberg enseigna la Bible et le Judaïsme à l’Université de Pennsylvanie de 1964 à 1970 et à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1970 à 1996. Il fut le premier spécialiste de la Bible Juive titularisé dans une université américaine laïque, après la seconde guerre mondiale.

Moshe Greenberg eut une grande influence sur le développement des études Bibliques et plus particulièrement des études de la Bible Juive. Il s’attacha tout spécialement à la phénoménologie de la religion biblique et de la loi, à la théorie et à la pratique de l’interprétation des textes bibliques, et au rôle de la Bible dans la pensée Juive.

Dans le domaine de la prière, Greenberg élabora une large étude sur la prière et la louange biblique, en innovant par la conception selon laquelle la divinité aurait littéralement besoin d’être informée de la détresse des fidèles et d’être honorée par de la flatterie, au moyen « d’humilité, d’expression d’insuffisance, qui dans la pensée Biblique, est la juste position de l’homme devant Dieu ». (Etudes, 75-108).

Dans Biblical Prose Prayer il démontra que les prières en prose incluses dans les récits bibliques reflètent la piété des gens du peuple.

Il soutint que la fréquence des prières spontanées était révélatrice d’un sens constant de la présence de Dieu et renforçait les tendances égalitaires de la religion Juive qui conduisirent à la création de la synagogue.

Le fait que la prière ait été conçue comme analogue à une transaction sociale entre personnes, met l’emphase sur sa sincérité, et pourrait bien être à l’origine de la vision prophétique classique du culte comme geste dont l’acceptation dépend de l’adhésion ou non aux valeurs Divines.

Dans ses « Réflexions sur la Théologie de Job » (Etudes 327,333) Greenberg remarque que l’expérience faite par Job de l’inexplicable hostilité de Dieu ne saurait effacer sa connaissance de la bonté Divine, connaissance acquise lors de son expérience précédente, c’est pourquoi Job se sentit confus au lieu tout simplement de rejeter Dieu. Par conséquent, le fait que la Bible retienne Job aussi bien que la Torah, les Prophètes et les Proverbes reflète la capacité de la sensibilité religieuse à affirmer les deux expériences : « il n’y a pas de clé unique pour résoudre le mystère de la destinée. ».

Dans le domaine de la loi biblique, Greenberg soutint que « la loi est l’expression de postulats sousjacents et de valeurs culturelles » et que les différences entre les lois Bibliques et les lois du Proche Orient antique n’étaient pas le reflet de stades différents de développement social mais le reflet de différences dans les principes légaux et religieux sousjacents (Studies 25-41).

Par l’analyse des lois économiques, sociales et et religieuses de la Torah, il montra que leur propos était de répartir l’autorité et le respect à travers toutes les couches de la société afin d’éviter la monopolisation du prestige et du pouvoir par une élite restreinte (Studies, 51-61).

Dans ses commentaires sur l’Exode (1969) et Ezekiel (1983-1997) Greenberg développa sa méthode « holistique » d’exégèse. La méthode holistique, tout en s’appuyant sur les travaux précédents de sources critiques, redirige l’attention des « éléments reconstitués hypothétiquement » vers les livres bibliques eux mêmes, ceux-ci reflétant des dessins réfléchis et une politique artistique et véhiculant leurs propres messages.

Cette approche attire l’attention de ceux qui étudient sur le fait que « seul le texte reçu, qui est la seule donnée historiquement prouvée, a eu des effets démontrables ; et que lui seul est le produit indéniable de la créativité Israélite. »

Comme les exégètes Juifs midrachiques et précritiques ultérieurs ont postulé sur l’unicité de l’auteur, ils offrent de nombreuses perspectives au commentateur holistique.

Les études de Greenberg sur la Pensée Juive comprennent d’importantes études des oeuvres des exégètes Juifs médiévaux (1988 lecture, forthcoming) des recherches sur les réflexions rabbiniques concernant la non obéissance à des ordres immoraux (Studies 395-403) et l’attitude envers les membres d’autres religions (Studies 369-393) ; « A problematic Heritage »).

Dans ce dernier ouvrage, Greenberg avance qu’une religion basée sur des Ecritures peut et doit éviter l’intégrisme en se montrant sélective et critique dans son rapport à la tradition et en révisant les priorités de ses valeurs.

Dans « La Conception Juive du Facteur Humain dans la Prophétie Biblique » (Studies 405-419), Greenberg démontre que du Talmud   jusqu’à la Renaissance, les exégètes et penseurs juifs classiques, qui ne doutèrent jamais de l’inspiration divine de la Torah et des autres écrits prophétiques, n’en reconnaissent pas moins l’évidence littéraire de la facture humaine du texte.

Par jeffrey H. Tigay

Université de Pennsylvanie

Ajoutons que Moshe Greenberg est le fondateur de la série de commentaires érudits sous une approche universitaire Mikra LeIsraël édité par l’université hébraïque.

Bibliographie

The Hab/piru. New Haven : American Oriental Society, 1955

The Religion of Israel, abridged English translation of vols. 1-7 Yehezkel Kaufmann’s Toldot ha’Emuna ha-Yisre’lit. Chicago : University of Chicago Press, 1960

Introduction to Hebrew. Englewood, NJ : Prentice Hall, 1965

Understanding Exodus New York : Behrman House, 1969

Ezekiel 1-20 and Ezekiel 21-37 (Anchor Bible. Garden City : Doubleday, 1983, 1997)

Biblical Prose Prayer. University of California, 1983

Studies in the Bible and Jewish Thought (Philadelphia : Jewish Publication Society, 1995) includes many of Greenberg’s essays. Most notable are the following :

• "Three Conceptions of the Torah in Hebrew Scriptures."

• "Some Postulates of Biblical Criminal Law."

• "Biblical Attitudes toward Power : Ideal and Reality in Law and Prophets"

• "On the Refinement of the Conception of Prayer in Hebrew Scriptures."

• Religion : Stability and Ferment."

• "The Stabilization of the Text of the Hebrew Bible : Reviewed in the Light of the Biblical Materials from the Judean Desert."

• "The Use of the Ancient Versions for Interpreting the Hebrew Text."

• "Reflections on Interpretation."

• "To Whom and For What Should a Bible Commentator Be Responsible."

• "Another Look at Rachel’s Theft of the Teraphim."

• "The Decalogue Tradition Critically Examined."

• "Reflections on Job’s Theology."

• "Rabbinic Reflections on Defying Illegal Orders : Amasa, Abner, and Joab."

• "Jewish Conceptions of the Human Factor in Biblical Prophecy."

• "Bible Interpretation as Exhibited in the First Book of Maimonides’ Code."

"Prophecy in Hebrew Scripture." Dictionary of the History of Ideas, ed. Philip P. Wiener (New York : Charles Scribner’s Sons, 1973). 3:657-664.

"Biblical Judaism (20th-4th centuries BCE)." Encyclopaedia Bri¬tannica : Macropaedia. 15th ed. Chicago : Encyclopaedia Britannica, 1974. 10 : 303-310.

"A Problematic Heritage : The Attitude Toward the gentile in the Jewish Tradition — An Israel Perspective," Conservative   Judaism 48/2 (Winter, 1996):23-35.

Articles in Encyclopaedia Judaica (Jerusalem : Keter, and New York : Macmillan), 1972 : "Decalogue" (5:1435-1446), "Herem" (8:345-350), "Sabbath" (14:557-562).

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