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Shabbat Shekalim

Shabbat Shekalim

Le shabbat précédent la néoménie d’Adar, s’appelle Shabbat Shekalim.

Ce Shabbat entame une série de quatre Shabbat particuliers, shabbat shekalim, shabbat zakhor, shabbat para, shabbat hahodesh.

Ces quatre shabbat marquent une période tout à fait spécial de l’année liturgique juive.

En effet, on laisse totalement le rythme habituel de la Haftara Haftara
Haftarah
Depuis la période talmudique, la lecture de la Tora, chaque shabbat matin est suivie de la lecture de la "Haftarah ". C’est généralement, la personne qui est appelée en 8ème montée (Alya) à la Tora qui lit la Haftara, cette montée est appelée "Maftir". Le texte de cette lecture supplémentaire et hebdomadaire est issu des livres des Prophètes. Elle ne se lit pas dans un rouleau mais dans un livre comportant voyelles et signes de cantilations. Il existe en général un rapport contextuel entre la Parasha et la Haftara.
en relation avec la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
pour lire une Haftara Haftara
Haftarah
Depuis la période talmudique, la lecture de la Tora, chaque shabbat matin est suivie de la lecture de la "Haftarah ". C’est généralement, la personne qui est appelée en 8ème montée (Alya) à la Tora qui lit la Haftara, cette montée est appelée "Maftir". Le texte de cette lecture supplémentaire et hebdomadaire est issu des livres des Prophètes. Elle ne se lit pas dans un rouleau mais dans un livre comportant voyelles et signes de cantilations. Il existe en général un rapport contextuel entre la Parasha et la Haftara.
particulière qui n’est plus en relation avec la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
mais avec le maftir Maftir Le maftir est un court passage de la Tora lu après les 7 Alyot. Le plus souvent ce sont les derniers versets de la 7e Alya, mais s’il est spécial, il sera lu dans un deuxième rouleau de Tora. Celui qui lit en maftir, lit également la Haftara. du jour, petit paragraphe de la Tora lu à partir d’un deuxième rouleau sortis tout spécialement ce shabbat là.

Ce maftir Maftir Le maftir est un court passage de la Tora lu après les 7 Alyot. Le plus souvent ce sont les derniers versets de la 7e Alya, mais s’il est spécial, il sera lu dans un deuxième rouleau de Tora. Celui qui lit en maftir, lit également la Haftara. aborde un thème particulier qui donne son nom au shabbat. Le but de cette série de quatre lectures exceptionnelles est de nous préparer étape par étape au grand événement que représente la fête de Pessah.

Il est intéressant de constater que le rythme de la Haftara Haftara
Haftarah
Depuis la période talmudique, la lecture de la Tora, chaque shabbat matin est suivie de la lecture de la "Haftarah ". C’est généralement, la personne qui est appelée en 8ème montée (Alya) à la Tora qui lit la Haftara, cette montée est appelée "Maftir". Le texte de cette lecture supplémentaire et hebdomadaire est issu des livres des Prophètes. Elle ne se lit pas dans un rouleau mais dans un livre comportant voyelles et signes de cantilations. Il existe en général un rapport contextuel entre la Parasha et la Haftara.
ou plus précisément du maftir Maftir Le maftir est un court passage de la Tora lu après les 7 Alyot. Le plus souvent ce sont les derniers versets de la 7e Alya, mais s’il est spécial, il sera lu dans un deuxième rouleau de Tora. Celui qui lit en maftir, lit également la Haftara. , casse le rythme de la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
et que c’est la Haftara Haftara
Haftarah
Depuis la période talmudique, la lecture de la Tora, chaque shabbat matin est suivie de la lecture de la "Haftarah ". C’est généralement, la personne qui est appelée en 8ème montée (Alya) à la Tora qui lit la Haftara, cette montée est appelée "Maftir". Le texte de cette lecture supplémentaire et hebdomadaire est issu des livres des Prophètes. Elle ne se lit pas dans un rouleau mais dans un livre comportant voyelles et signes de cantilations. Il existe en général un rapport contextuel entre la Parasha et la Haftara.
en miroir du maftir Maftir Le maftir est un court passage de la Tora lu après les 7 Alyot. Le plus souvent ce sont les derniers versets de la 7e Alya, mais s’il est spécial, il sera lu dans un deuxième rouleau de Tora. Celui qui lit en maftir, lit également la Haftara. qui devient le texte le plus important puisque c’est ce texte qui donne son nom au shabbat et non plus la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
comme c’est le cas d’habitude.

De la sorte que le rythme régulier de la lecture de la Tora subi de temps en temps un contrepoint tellement fort qu’on a l’impression que le rythme de la lecture a changé, alors qu’en fait il n’en est rien et le rythme de la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
continue sans interruption.

Dans un deuxième rouleau de Tora, on aura lu un petit extrait du livre de l’exode demandant à tout homme de plus de 20 ans d’apporter un Demi shekel au temple. Cet argent servant à la fois de mode de recensement et d’impôts afin d’entretenir le service du temple.

Exode 30.15 Le riche ne donnera pas plus, le pauvre ne donnera pas moins que la moitié du sicle, pour acquitter l’impôt de l’Éternel, à l’effet de racheter vos personnes. 16 Tu recevras des enfants d’Israël le produit de cette rançon et tu l’appliqueras au service de la Tente d’assignation et il servira de recommandation aux enfants d’Israël devant le Seigneur pour qu’il épargne vos personnes."

On constate le souci de totale égalité sociale et spirituelle devant le service du temple.

Voilà comment le sefer Hahinoukh définit cette mitsva :

I) La Tora ordonne que chaque homme en Israël, âgé de 20 ans et plus, qu’il soit riche ou pauvre, donne chaque année aux cohanim Cohen
cohanim
Prêtre de la tribu de Lévi qui servaient dans le Temple de Jérusalem. Privilège héréditaire transmis de père en fils depuis Aaron, frère de Moïse.
De nos jours le Cohen n’a plus qu’un rôle honorifique dans le judaïsme.
un Demi shekel en argent (Exode 30, 13). Cet argent, collecté une fois par an, était déposé dans une dépendance du Temple, et devait servir aux dépenses du culte dans le Sanctuaire : achat des sacrifices journaliers, des sacrifices particuliers à l’occasion des solennités (moussaphim), de toutes les offrandes ou libations faites au nom de la communauté, du sel pour les sacrifices, du bois pour l’autel, des pains de proposition, de l’omer, des deux pains de la fête de shavouot, de la vache rousse, du bouc émissaire, etc.

II) La raison de cette mitsva, c’est que l’Éternel a voulu faire participer tous les membres de la Communauté, à part égale, aux offrandes publiques. Ainsi riches et pauvres seront, pour une mitsva au moins, égaux devant Lui, et le souvenir de chacun est rappelé jour après jour avec bienveillance !

III) Applicable à l’époque du Temple, à tout israélite, qu’il habite en Érets Israël ou en diaspora. De nos jours, il n’y a plus aucune obligation, même pour ceux habitant en Erets Israël. Celui qui à l’époque du Temple, ne donnait pas son Demi shekel, non seulement négligeait une mitsva importante, mais il se désolidarisait de la communauté et s’excluait ainsi du pardon divin. De nos jours, nous n’avons plus, par suite de nos péchés, ni sanctuaire ni shékalim. Aussi l’usage s’est introduit de lire Parchat shékalim (Exode 30, 11 à 16) à l’office public, le shabbat qui précède le 1er Adar.

On constate tout d’abord le grand souci d’égalitarisme en ce qui concerne la participation à la partie collective du culte. La liste des différents usages concernant la somme amassée par la collecte du Demi shekel relève toujours du culte collectif.

La symbolique est très claire : chaque individu qu’il soit riche ou pauvre compte autant qu’un autre. Chaque personne individuellement ne saurait représenter une somme ronde, elle est toujours dépendante d’une autre personne, pauvre ou riche pour parvenir à compléter son propre Demi shekel afin d’atteindre une somme ronde. Seul je ne suis qu’une demi personne, je n’existe vraiment qu’en tant que membre du collectif.

D’un point de vue moderne et féministe, on ne peut que regretter que cette mitsva ne s’applique qu’aux hommes… mais c’est une autre question.

On constate également que la lecture d’un texte de la Tora remplace un geste effectif de don d’argent. C’est très intéressant vis-à-vis de la Tora. Cela veut dire que notre lecture doit nous impliquer autant que si nous avions donné effectivement quelque chose. Cela montre que la lecture de la Tora possède une force de catharsis extraordinaire.

Cependant, signalons la coutume de faire à cette occasion un petit don à la synagogue afin de rappeler la mitsva du Demi-shekel.

La logique voudrait d’ailleurs que tout juif ayant un minimum de sentiment identitaire soit cotisant dans la synagogue où l’institution juive de son choix et se sente responsable du devenir des différentes institutions juives dans lesquelles il doit être représenté démocratiquement et dans le plus grand esprit d’ouverture. Car sans ces institutions, il ne saurait y avoir de Judaïsme. Ce n’est hélas pas le cas, la plupart des Juifs se désintéressent totalement de la vie communautaire, souvent ils ne se sentent nullement représentés par les différentes institutions juives qui elles-mêmes ne font pas toujours grand-chose pour créer un climat de débat démocratique au sein de la communauté… Nous sommes donc assez loin de l’esprit du Demi-shekel.

Ce n’est pourtant pas pour rien que le cycle des quatre shabbat particuliers commence avec cette règle du Demi-shekel. Cela veut dire clairement qu’il faut compter ses troupes et se regrouper avant le grand moment fondateur que représente la commémoration de la sortie d’Egypte. Personne ne doit être oublié.

Une communauté n’existe et ne vit que par ses membres. Chaque juif doit pouvoir se sentir à la maison dans une synagogue ou un centre communautaire. Il doit être accueilli chaleureusement, ne pas se sentir jugé, trouver sa place, savoir que sa contribution, même modeste, à la vie juive demeure indispensable pour le bien de tous.

Lorsqu’un système communautaire cesse de procurer une telle chaleur, qu’il devient le lot d’une petite élite dirigeante faisant sentir aux autres qu’ils ne sont pas vraiment à leur place, sous un prétexte ou un autre, ce système court à la catastrophe.

En France, sur 500 000 juifs, 400 000 ne fréquentent quasiment jamais la communauté juive, même pour le jour de Kippour ! Il y a toutes sortes de raisons pour cela, mais l’une d’elles est assurément du fait que la communauté juive n’offre pas toujours le lieu de chaleur et de respect de chacun comme cela devrait être le cas.

Shabbat Shekalim vient clairement nous remettre les pendules à l’heure sur ce point.

Yeshaya Dalsace

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