Le mouvement massorti
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Pureté conjugale
dimanche 3 septembre 2006  – mots clés
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Position du judaïsme massorti -

La Tora interdit explicitement toute relation sexuelle pendant la période menstruelle

(cf. Lévitique 15:19-24 ; 18:19 ; 20:18).

Le texte ne fournit aucune explication sur le sens de cet interdit si ce n’est de préciser que par cette observance, le peuple d’Israël s’engage dans la voie de la sainteté - c’est-à-dire de la différenciation des peuples idolâtres et de l’attachement spécifique à Dieu .

Mais il est clair que cette discipline traduit une rite de régénérescence.

Alors que la Tora prescrit une abstinence sexuelle de sept jours, les Sages Sages Ce terme dans les textes juifs désigne en général les rabbins du Talmud (six premiers siècles de l’ère courante). On dira "les sages" ou "nos sages". C’est la traduction d’une expression hébraïque : "H’azal" qui veut dire "nos sages de mémoire bénie". en ont ajouté cinq , de telle sorte que les couples qui observent ces règles n’ont pas de relation sexuelle durant douze jours à chaque cycle (cinq jours minimum pour le temps d’écoulement sanguin et sept jours « propres »).

La règle veut qu’au terme de cette séparation, la femme renoue avec la source de pureté en s’immergeant dans une eau « non retenue ou puisée par l’homme », soit dans une source naturelle (mer, rivière), soit dans un mikvé Mikvé
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Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
, c’est-à-dire une piscine spécialement conçue pour être alimentée régulièrement et directement par une eau de pluie . [1]

Aucun avis rabbinique au sein du mouvement massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C’est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l’idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n’a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
n’a jamais prôné l’abolition de ces lois.

Cependant, tout au long de la plus grande partie de ce siècle, il est apparu qu’elles sont tombées en désuétude au sein d’une large partie de la communauté conservative Conservative Nom américain du courant Massorti, deuxième grand courant du judaïsme américain. "Conservateur" car opposé au mouvement de la réforme. américaine. Pour certains, c’était uniquement une affaire de coutume ; la notion de taharat ha-michpaha n’était tout simplement pas au programme du judaïsme que l’on enseignait ou n’était pas une pratique courante dans leurs familles ou chez leurs amis. Pour d’autres, il paraissait incongru que l’on maintienne les lois concernant la pureté menstruelle alors que l’on ne tenait plus compte de l’état d’impureté qui touche indifféremment toutes les personnes, du fait du contact à un degré ou un autre avec la mort, fut-ce par exemple en entrant dans un cimetière. Cet état d’impureté a été jugé résiduel et généralisé à tous du fait de l’impossibilité de se purifier par les cendres de la vache rousse, et ce, depuis la destruction du Temple.

D’autres ont émis des objections basées sur des considérations égalitaires. Ils ont argué qu’en raison de l’émancipation de la femme, il ne fallait plus admettre à notre époque l’inégalité de traitement qui à prévalu dans la Tora, et par suite dans la loi rabbinique, en ce qui concerne les émissions génitales de la femme par rapport à celles de l’homme. De fait, selon la Tora, l’état d’impureté contracté par un homme après une émission séminale requiert une moindre procédure pour recouvrer l’état de pureté que celui contracté par la femme lors du flux menstruel : il suffit que l’homme se lave le corps (sans nécessairement s’immerger dans un mikvé Mikvé
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Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
) [2] et attende le coucher du soleil, alors que la femme doit attendre sept jours (douze pour les rabbins rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
) puis s’immerger impérativement dans un mikvé Mikvé
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Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
conforme à des règles spécifiques .

Ceci explique pourquoi le rite de purification, qui perdit sa raison d’être avec la destruction du Temple, fut plus aisément abandonné par les hommes que par les femmes . Certes, le Talmud Talmud "Enseignement", ensemble littéraire comprenant la Michna de l’époque tannaïtique (3e siècle) et la Guemara (4-5e siècle), discussions des amoraïm à propos de la Michna. Le Talmud babylonien est à la base de tout le développement ultérieur de la loi juive. Le Talmud de Jérusalem fut terminé en Israël quelques génération plus tôt que le Talmud Babylonien.

Le Talmud représente l’ouvrage de base du judaïsme rabbinique.
rapporte qu’Ezra avait institué un décret imposant aux hommes ayant eu une émission séminale de s’immerger dans un mikvé Mikvé
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Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
avant de s’adonner à l’étude de la Tora (et aussi selon certaines sources médiévales, avant de prier), mais ce décret fut abrogé quand il apparut que la plupart des hommes ne s’y astreignaient pas . [3]

Au final, il en résulta que seules les femmes furent encore soumises aux règles de purification.

Or, il advint, avec l’émancipation de la femme, que cette différence de traitement fut ressentie par certains comme dégradante. On continuait à prendre en compte le fait que les femmes soient périodiquement souillées par leur menstruation, ce qui implique une purification mensuelle, alors que l’on ne prenait plus en compte l’impureté des hommes qui, de ce fait, n’étaient plus astreints à aucun rite de purification, comme s’ils n’avaient pas à subir ce genre de « réparation » . [4]

Ces dernières années, cependant, on observe dans nos communautés que certains couples ont réintégré ces lois de taharat ha-michpaha dans leur vie sexuelle, parfois pour la totalité des douze jours, suivis de l’immersion dans un mikvé Mikvé
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Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
, parfois pour la seule durée biblique de sept jours.

Dans certains cas, la raison invoquée pour laquelle les couples adoptent cette pratique est tout simplement qu’elle fait partie intégrante de la loi juive (cf. Lévitique 18:19 et 20:18 et par suite les lois rabbiniques), et à ce titre, doit être observée.

D’autres encore ont décidé d’observer ces lois pour des raisons proposées par des écoles de pensée féministe, selon lesquelles la femme peut trouver là des rites spécifiquement féminins par lesquels elles incarnent spécifiquement leur judaïsme, se reliant ainsi avec les femmes juives de toutes les époques.

Des couples pratiquant ces rites leur relèvent encore d’autres significations : la continence sexuelle durant la période menstruelle a pour effet chez les deux partenaires de régénérer la joie et le plaisir que l’union sexuelle procure, lors de sa reprise comme le suggère le fameux dire talmudique : « Rabbi Méïr enseigne : Pourquoi la Tora fixe-t-elle la période de séparation des époux durant la menstruation, à sept jours ? Parce que la familiarité routinière amenuise le désir du mari envers sa femme. Aussi la Tora précise-t-elle : qu’elle soit déclarée impure durant sept jours, afin qu’elle soit toujours aussi chérie par son mari qu’au jour où elle entra sous le dais nuptial » (Nida Nida "Éloignée". Dans le judaïsme les relations sexuelles sont interdites durant la période des règles et un peu après. Une femme nida est une femme qui se trouve dans cette période de temps. La nida c’est le respect de l’éloignement sexuel durant quelques jours par le couple. 31b).

Plus encore, cela renforce la conscience que le partenaire ne peut être réduit à un objet sexuel, du fait même qu’une période mensuelle a été instaurée durant laquelle la relation du couple doit pouvoir s’épanouir sous d’autres modes que celui de la sexualité. Celle-ci devient de facto l’une d’entre les modalités de leur relation, et non la principale. En outre, le fait de suivre ces lois suscite le désir sexuel, de sorte qu’aux retrouvailles, la relation se déroule au moment précis où la femme est la plus fertile. Ce qui a pour conséquence d’encourager le désir d’enfant qui est aussi une manière de se relier avec le passé et le futur de notre vocation, en perpétuant notre identité de juif.

Sur le plan formel, ces règles demeurent partie intégrante de la loi. Il n’a pas été déclaré explicitement que la coutume les aurait effectivement abrogées, comme ce fut le cas pour le décret d’Ezra. En tout état de cause, pour certains couples actuels évoluant au sein du Mouvement massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C’est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l’idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n’a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
, les arguments anciens ou modernes qui les justifient leur auront globalement permis de renouer avec ces rites et d’accéder à un certain degré de sainteté au sein de leur vie conjugale, ce qui est très précisément ce que la Tora déclare être le but ultime de ces lois.

rabbin rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Elliott Dorff Dorff Rabbi Eliott Dorff, (1943- ) Massorti, professeur et spécialiste de la Halakha, dirige l’université du judaïsme à Los Angeles.

Ce texte est tiré de l’ouvrage : E. Dorff Dorff Rabbi Eliott Dorff, (1943- ) Massorti, professeur et spécialiste de la Halakha, dirige l’université du judaïsme à Los Angeles. , Éthique de l’amour, Paris, éd. Nadir, 2000.

 Liste de Mikvés en France

http://www.image-in.co.il/SHALOM/mi…

 Un excellent livre

Le rabbin rabbin
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Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
Miriam Berkowitz a publié un très bon livre pour approfondir ce sujet, aussi bien sur le sens du rituel, son histoire et ses aspects pratiques.

Nous vous en conseillons la lecture (en anglais seulement).

Taking the Plunge : A Practical and Spiritual Guide to the Mikveh Mikvé
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Bain rituel, doit répondre à des normes strictes. Il doit contenir une quantité minimale (taille d’une toute petite piscine) et être alimenté par une source vive (ou eau de pluie) mais pas par de l’eau du robinet.
, Miriam Berkowitz, edited by David Golinkin, Jerusalem : 2007, xvi + 186 pp. (English) Voir la page de commande en ligne http://www.schechter.ac.il/buy.asp

[1] Il importe de rappeler que l’impureté, selon la Tora, n’est pas une tare féminine mais un état qui concerne tout individu ayant été en contact, à un degré ou un autre, avec la mort (ce qui inclut toute semence non fécondée) et qui, de ce fait, ne peut pénétrer dans le Temple de Jérusalem. Depuis sa destruction, certaines implications de ces règles ont été conservées, dont la séparation des époux, en période de menstruation.

Sur l’interdit biblique des relations sexuelles en période de menstrues, cf. Lévitique 15:19-30 ; 20:18. Sur la mention biblique du mikvé, cf. Lévitique 11:36. Les normes requises pour l’édification d’un mikvé ont été établies secondairement par les rabbins. Pour un résumé, voir Choulhan aroukh, Yore dea 201 ; Isaac Klein, Guide to Jewish Religious Practice, New York, JTSA, 1979, pp. 518-522.

[2] Cf. Berakhot 22a : selon cette source, la mesure de neuf kab d’eau, plutôt que la quantité usuelle de quarante requise pour un mikvé, suffit pour purifier un homme. La michna de Mikvaot 8:1 va même jusqu’à considérer qu’une piscine ayant été remplie par un tuyau (ce qui est pourtant une condition invalidante pour un mikvé) peut, pour ceux qui vivent en dehors de la terre d’Israël, servir à purifier un homme de son émission séminale. Mentionnons également que le fait que le décret d’ Ezra, exigeant d’un homme ayant eu une émission séminale l’immersion dans un mikvé avant de pouvoir étudier la Tora a été annulé précisément parce que les hommes même observants n’obéissaient pas à la règle.

[3] La michna de Berakhot (3:4-5) interdit à un homme qui a eu une émission séminale (comme une pollution nocturne) de réciter le Chemâ ou la prière de la Amida.

Selon le Talmud (Baba kama 82a, Talmud de Jérusalem, Yoma 1:1), il s’agissait du décret d’Ezra qui exigeait l’immersion avant la lecture de la Tora mais qui fut entendu par divers interprètes comme portant sur l’étude de la Tora (du judaïsme) au sens large (cf. Berakhot 22a). Selon certains rabbins médiévaux, un tribunal tardif aurait astreint une telle personne à s’immerger dans un mikvé avant d’adresser des prières

(cf. Maïmonide, Hil. tefila 4:4, mais voir le commentaire de Y. Caro, Kessef michné ; Méiri sur Berakhot 20a ; Roch sur Baba kama, ch. 7, §19).

De fait, cette purification n’était pas exigée par la Tora elle-même (quel que soit le degré d’impureté) comme préalable à l’étude ou à la prière (cf. Rif, Berakhot ch. 3 ; Maïmonide, Hil. kriyat chemâ 4:8, Hil.tefila 4:5).

Selon ces commentateurs, le motif du décret n’était pas la purification en soi mais plutôt de conférer une certaine austérité chez ceux qui étudient la Tora, en évitant par ce décret « qu’ils ne copulent intempestivement comme le font les coqs avec les poules » ou, encore, en assimilant l’étude de la Tora à la révélation du Sinaï où la continence sexuelle fut prescrite en vue de l’événement de la révélation de la Tora (cf. Exode 19:25).

Mais le décret d’Ezra a été abrogé (cf. Berakhot 22a, Bertinoro sur Berakhot 3:4 ; Maïmonide, Hil. kiryat chemâ 4:8, Hil. tefila 4:4-6, Choulhan aroukh, Orah haïm 88:1 et commentateurs). Parmi eux, le Kessef michné précise que l’abrogation du décret ne fut pas décidée par un vote car aucune cour ultérieure n’était en droit d’abroger ce qui fut édicté par Ezra. La raison fut qu’un décret rabbinique non suivi par la majorité perd sa valeur juridique. Aussi, les Sages cessèrent d’exiger l’immersion, de sorte que le décret fut rendu caduc de lui-même.

Toutefois, précise le Kessef Michné, des rabbins continuent à adopter ces règles, par piété, du fait qu’elles n’ont pas été formellement annulées. A ma connaissance, ces règles n’ont jamais été formellement abrogées, elles sont simplement tombées en désuétude.

Sur le sujet dans son ensemble, cf. Baal Keri, dans : Encyclopedia talmudit (en hébreu) 4:130-148.

[4] L’inégalité dans le traitement ultérieur de ces règles est patente dans le commentaire du Rama (Choulhan aroukh, Orah haïm 88:1) pour lequel, un homme qui a eu une émission séminale est autorisé à lire dans la Tora et à réciter le Chemâ et la Amida, le décret d’Ezra ayant été annulé, tandis que la coutume achkénaze est qu’une femme en période de menstruation ne peut rien faire de tout cela, bien qu’elle ne fusse pas originellement concernée par le décret d’Ezra !

On alla jusqu’à exiger des femmes (sauf les jours exceptionnels de grandes fêtes, ce qui leur causait un grand chagrin) qu’elles ne fréquentent pas la synagogue en période de menstruation.

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