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Kasher or not kasher ?

Kasher or not kasher ?

Quand on me demande pourquoi je mange cacher, je ne sais jamais trop quoi répondre. Vaut-il mieux expliquer pourquoi parce que, lorsque je mangeais non cacher, cela me donnait envie de manger cacher ou bien le contraire ?

Ce sujet, en tout cas, est extrêmement sensible. Et pas seulement chez les Juifs ! Cela tient sans doute au fait que la table et la nourriture sont à la fois un lieu privilégié d’expression de l’appartenance culturelle et aussi le lieu décisif de la convivialité et de l’hospitalité.

Aujourd’hui ces règles paraissent désuètes à certains, fondamentales à d’autres. Comment les appliquer dans un monde où l’on contrôle de plus en plus difficilement la composition de ses repas ?

Quelle est leur sens aujourd’hui alors que les pressions que nous subissons de la part des industries alimentaires, des médecins et des écologistes multiplient tantôt les envies, tantôt les interdits et donc les frustrations ?

Limiter le nombre d’aliments que l’on consomme peut donner une sensation de manque de liberté. Pourtant on n’a sûrement pas envie de manger de tout. Manger cacher ce n’est finalement que choisir un jeu de règles parmi d’autres, celui qui nous rattache à notre communauté.

Maintenant quelle niveau de rigueur donner à cette exigence de pureté ? Faut-il, par exemple, accepter de manger non cacher pour ne pas heurter les hôtes qui nous reçoivent et qui ont oublié nos règles alimentaires ? Terrible dilemme…

J’ai connu une Israélienne des territoires qui se moquait de nous quand on lui proposait d’adapter nos exigences aux siennes en achetant de la vaisselle neuve. « Mais l’as-tu lavée au mikvé   ? », nous a-t-elle alors répliqué en rigolant.

A côté de cela la seule trace qui a permis de retrouver et d’identifier la minuscule communauté juive chinoise a été leur nom (en chinois) de « ceux qui dénervent la viande ».

A chacun de trouver le niveau qui concilie son attachement au judaïsme et sa vie sociale avec les non-Juifs. Comme le mentionne la tradition, si vous partagez leur pain, vous épouserez leurs filles et vous adorerez leurs dieux. C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé à ceci près que la fille en question était juive. Abandonner les bouchées à la reine, les endives au gratin, les croque-monsieur, pour les couscous-boulettes, les pieds de veau et la confiture d’épinards, je l’ai fait. Abandonner le pain pour la bouillie de mil, je peux aussi le faire…

Manoah un juif massorti  ...

Messages

Kasher or not kasher ?

J’aime bien votre texte.

Quand je choisis de privilégier un achat casher   sur un autre qui ne l’est pas, je laisse intervenir quelque chose qui me dépasse dans les petits riens du quotidiens. Aussi, le côté casse tête est parfois compensé par un côté rassurant.

Mais dans tout le système de la casherout, fatalement, il y a un moment ou on transgresse. C’est rare peut être les gens qui respectent toute la cacheroute.

Donc moi je vois un peu ça comme une réplique en plus petit de la loi morale. Autant, sur le plan éthique, nous ne sommes pas toujours irréprochables, autant ca peut être le cas avec la cacherout.

L’enseignement de cette façon de voir la façon de se nourir, c’est qu’il est question de "se donner les moyens" pour obtenir un résultat.

Peut être que celà a à voir avec la façon dont nous perçevons nos capacités morales. je ne sais pas, mais j’ai l’impression que la cacherout c’est une sorte d’entraînement à l’éthique, sur des questions qui ne portent pas atteinte à autrui.

Dans la michna  , je crois qu’on dit que le pardon des fautes qui sont faites à l’égard d’Hashem est à distinguer de celui pour les fautes commises à l’égard du prochain. La lecture est complexe, plus complexe que ce que je raconte, mais est ce qu’on pourrait pas imaginer que la part de révélation qui entre dans la halakha   consiste à éloigner l’homme du mal, en lui donnant tellement matière à se perfectionner qu’il ne pense même plus à exercer une violence sur son prochain, tout préoccupé qu’il est de sa propre "fructification", et par la modestie avec laquelle la complexité même de la halakha   l’invite à considérer l’écart entre le projet et sa réalisation...

Hypothèse.

Nathalie

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