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Bible, quelle traduction choisir ?

Bible, quelle traduction choisir ?

Traduire la Bible est une gageure, aucune traduction n’est excellente...

La Bible du Rabbinat

1902, La Bible du Rabbinat de Zadoc Kahn : avec de nombreux collaborateurs. Éditée en bilingue hébreu–français. Éditions COLBO

Avantages : une des seules traductions juives. Divisée selon l’ordre de la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
. Langue claire et agréable à lire. Bon marché.

Inconvénients : vieillotte, loin du texte hébraïque, préférant parfois la paraphrase à la force du texte lui même. C’est la traduction d’une époque : celle de l’israélite français en mal de reconnaissance. Ne contient presque aucune note.

Tombée dans le domaine publique, elle est largement diffusée y compris sur Massorti Massorti "Traditionaliste". La même racine est employée pour Massora ou Massoret : la tradition. Cela désigne également la transmission.

C’est ainsi que le mouvement juif "Conservateur" est désigné, en opposition au mouvement "reform" ou "libéral", mais également au mouvement "orthodoxe". Le but du mouvement Massorti étant de transmettre une tradition et de promouvoir un judaïsme traditionaliste en acceptant l’idée de modernité. Il considère que la véritable tradition juive n’a jamais été la fixation sur le passé, pas plus que des réformes exagérées.
.com qui l’utilise pour le texte de la Parasha Parasha
Paracha
Parashot
Section de la Tora hebdomadaire lue le shabbat. La Tora est divisée en 54 parashot. Chacune porte le nom du premier mot significatif. La division est très ancienne (époque talmudique). La parasha est complétée par la Haftara extraite des prophètes.
http://www.massorti.com/spip.php?ru...

C’est la Bible juive "officielle" mais certainement pas la meilleure traduction disponible actuellement.

Existe en édition bilingue mais assez peu lisible (écrit très petit). Mieux vaut peut-être acheter une belle Bible tout en hébreu et travailler avec deux livres ouverts côte à côte si on veut vraiment travailler le texte hébraïque.

Elle est maintenant accessible en ligne avec des commentaires et surtout
l’hébreu et le français face à face sur

http://www.sefarim.fr/

Traduction André Chouraqui

Bible en un seul volume, 1985

- Réalisée entre 1974 et 1977. Traduction littérale qui cherche intensément à rappeler l’origine.

Avantages : En collant au texte hébraïque, Chouraqui ouvre de belles perspectives de sens. Des fois, c’est lumineux. Un très bon texte de travail et un très bon appuie pour travailler sur l’hébreu.

Inconvénients : Incompréhensible pour le novice.

Une nouvelle traduction, la Bible Bayard

La dernière traduction française de la Bible se situe dans cette quête de simplicité poétique tout en incorporant les recherches des biblistes.

La Bible Bayard, c’est une « polyphonie » de voix contemporaines pour traduire l’immense corpus, de la Genèse à l’Apocalypse, formé d’écrits en des langues différentes et d’écritures variées. Les enseignants apprécieront la beauté de la langue de la nouvelle Bible Bayard, « parée comme une fiancée » (Robert David). La mise en page, très étudiée, pourra surprendre. Ainsi pour le Cantique des cantiques ou l’Ecclésiaste, les vers très courts sont parfois séparés par des blancs immenses pour respecter la sensibilité de l’écrivain. Le rythme typographique se brise pour introduire des versets versifiés. Les listes et les généalogies du livre des Chroniques deviennent agréables à lire par leur présentation qui rappelle les calligrammes.

Les notes critiques sont rejetées en fin de volume, les habituels titres et intertitres en usage dans les éditions traditionnelles sont absents. L’espace visuel du lecteur ainsi libéré, rencontre le Texte et lui seul. La présentation du livre « nu » est très soignée.

Avantages : Enfin, on sent l’hébreu derrière le français (à dose moins indigeste que Chouraqui). Souvent la traduction est poétique. Parfois vraiment très belle. Publiée livre par livre en poche.

Inconvénients : Ce n’est pas une traduction toujours très précise, elle cherche à rendre le souffle parfois au détriment de l’exactitude. Inégale car traduite par des équipes différentes.

Remarque : c’est une Bible catholique, mais cela ne gêne en rien le lecteur juif, elle respecte même l’usage de la non prononciation du tétragramme contrairement à d’autres traductions catholiques ou celle de la Pléiade. Un rabbin rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
a même contribué à la traduction.

En lire des extraits

http://www.biblebayard.com/

Une critique intéressante

http://www.religionslehrer.lu/news/...

En conclusion :

Il faut avoir plusieurs Bibles, et passer de l’une à l’autre. A choisir et pour commencer, celle de Bayard aurait mes préférences surtout en format poche.

Yeshaya Dalsace

Note :

Un site mets plusieurs traductions en ligne avec l’hébreu en face

http://www.judeopedia.org/

- "ancien" testament hébreu-français en pdf (hébreu "Westminster Leningrad Codex (WLC)" et français "Bible Annotée")
http://epelorient.free.fr/athf.html

- bible louis segond en français pour téléphone portable (java) http://gobible.jolon.org

Messages

Bible, quelle traduction choisir ?

En ce qui concerne la nouvelle traduction de la Bible de chez Bayard, il existe 4 volumes en poche chez Folio. Ceci pourrait peut être satisfaire ceux qui sont réticents à avoir la partie chrétienne de la Bible chez eux.
L’inconvénient est qu’il n’y a pour l’instant que les traductions de Genèse (Béréshit)- Nombres (Shemot)- Lévitique et Nombres (Vayikra et Bamidbar)- et Samuel. Domage qu’il n’y ait pas le Deutéronome (Devarim), on pourrait ainsi avoir l’ensemble du Choumash dans cette nouvelle version.
On peut d’ailleurs acheter chaque ouvrage séparément ou un coffret contenant l’ensemble.

Bible, quelle traduction choisir ?

Merci de ces précisions.

De notre point de vue, la présence du "2ème testament" ne pose pas un vrai problème.
Nous ne sommes plus dans une période d’ostracisme vis à vis du christianisme, mais dans une période de dialogue. Pour dialoguer, il faut connaitre. Les écrits chrétiens font parti de la culture générale, ils enseignent en plus bien des choses sur le monde juif de l’époque.

Des écrits extra canoniques comme "les Machabés" "Judith" et d’autres sont purement juifs et méritent d’être connus, on ne les trouve que dans les Bibles catholiques... C’est pourquoi même celui qui utilise la Bible du rabbinat, s’il veut compléter sa culture biblique devra bien acquérir une Bible supplémentaire. Celle de Bayard a le mérite d’être traduite dans le respect d’un certain esprit hébraïque.

Bien évidemment notre vision d’ouverture est différente de celle de la tradition qui interdisait absolument de lire de tels ouvrages (voir la Michna Mishna
Michna
Corpus juridique rabbinique du 3ème siècle. Divisé en 6 ordres. Somme de textes de la Tora orale. La Mishna représente la base du droit hébraïque. Elle donne lieu à un développement : le Talmud.
), nos conditions culturelles n’ont plus rien à voir.

Bible, quelle traduction choisir ?

Avec tout le respect que je vous doit, je proteste catégoriquement...

Les traductions chrétiennes de la Torah ne sont pas la Torah, et ce d’ailleurs, avec ou sans "Nouveau Testament"...

Yehuda B-L

Bible, quelle traduction choisir ?

Cher Monsieur,

Il s’agit ici de traduction. La Tora prend sa véritable dimension en hébreu (longue et intéressante Souguia talmudique sur la question). A un certain niveau, l’hébreu devient incontournable. Les commentaires rabbiniques également.

Nous ne faisons que conseiller des traductions pour le grand public (tant de juifs n’ont jamais lu la Bible, y compris des juifs pratiquants !).
Hélas, le rabbinat français qui ne produit que bien peu de livres sérieux depuis des années, ne fait pas son travail en la matière, sa traduction est vraiment à revoir (19ème siècle !). Les Protestants retravaillent sans cesse la Segond et font un bien meilleur travail que les rabbins rabbin
rabbins
Erudit, on obtient le titre de Rabbin de trois autres rabbins. Dans le Mouvement Massorti il existe 4 séminaires rabbiniques de part le monde. Les rabbins Massorti ont un Master en études juives.
, sur ce plan-là…

De toute façon, nous prônons une approche ouverte et culturelle des choses, et ne sommes nullement gênés par le fait que les traducteurs appartiennent à tel ou tel groupe. Le résultat nous intéresse. Pour cela, la Bayard est parfois bien plus « juive » que celle du rabbinat. (La Bayard peut d’ailleurs être achetée en livres séparés, donc sans le NT)

Quant à la question du Nouveau Testament, il ne saurait être considéré comme une référence pour un juif, mais demeure un pilier indispensable de la culture occidentale et de l’histoire juive elle-même. Il nous semble donc normal qu’un juif cultivé le connaisse. Il n’y a rien de bien surprenant à cela dans notre optique qui est celle de l’ouverte et non du repli sur soi par le déni du monde.

Yeshaya Dalsace

Bible, quelle traduction choisir ?

C’est vrai que certaine traduction de l’hébreu au français laisse à désirer. Les protestants s’en approchent le plus. Autrement le lexique " hebrew and chaldee " de Benjamin Davidson permet de palier au manque. Chalom

Deux questions

J’aurais deux questions concernant les traductions de la Bible :

1) Que pensez-vous des traductions d’Henri Meschonnic ?

2) Quel(les) traduction(s) en anglais conseilleriez-vous ? Personnellement, j’ai relégué mon édition de la Bible du Rabbinat à une étagère pas très accessible et consulte désormais le plus souvent la Jewish Study Bible (donc une édition de la 1985 JPS translation avec des commentaires), mais je ne connais pas bien les différentes traductions existantes.

Merci d’avance !

Deux questions

Henri Meschonnic, pour lequel j’ai une grande estime personnel, a fait un travail très intéressant, mais sur seulement une partie de la Bible. Son travail sur le rythme me semble pertinent et manque totalement à la plupart des traductions. Ses traductions sont très bonnes mais il a surtout mis en place une série de notes passionnantes en fin d’ouvrage dans lesquelles il explique ses choix et compare différentes traductions. Je le recommande absolument pour un travail d’approfondissement. Voir en particulier son livre sur les Psaumes (Gloires).

En ce qui concerne les traductions anglaises, je ne suis pas compétent. Hélas...

Yeshaya Dalsace

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